9 grandes batailles qui façonnèrent l’Angleterre

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Dernière mise à jour le 19 août 2021.

Batailles, campagnes et guerres sont nombreuses. Certaines ont un impact plus notable que d’autres, modifiant le cours de l’histoire. Une victoire ou une défaite peut orienter un pays dans une direction nouvelle, créer un contexte particulier.

Plus qu’un gagnant ou un perdant, voici 9 batailles qui ont changé l’histoire de l’Angleterre.

Monument de Boudicca sur son char, au pont de Westminster,

La révolte de Boadicée (Boudicca) ≃ l’An 61

Aujourd’hui considérée comme la Vercingétorix bretonne, Boadicée était une reine celte du peuple brittonique des Iceni (situé dans ce qui est maintenant le Norfolk et le Suffolk) qui mena une révolte contre l’Empire Romain.

Après avoir été trahie et battue alors que ses deux filles étaient violées, Boadicée rallia de nombreuses tribus à sa cause pour s’opposer à l’envahisseur romain. L’avenir de la province était dans la balance et l’empereur Neron envisagea même de se retirer de l’île. La supériorité militaire paya, assurant un règne romain de 350 ans.

La bataille de Brunanburh – L’An 937

Alors que le pouvoir romain s’estompait, tribus et envahisseurs se battaient pour prendre le contrôle. Le roi Alfred le Grand s’imposa face aux Vikings à Wessex, et son petit-fils Æthelstan étendit son influence au nord et à l’est — cémentant le concept d’Angleterre.

Brunanbur est alors considérée comme l’une des batailles les plus importantes de l’histoire anglaise. Le Roi Æthelstan affronta une coalition réunissant le roi viking de Dublin Olaf Gothfrithson et les rois Constantin d’Écosse et Owen de Strathclyde. La victoire d’Alfred permit d’établir l’Angleterre comme une entité politique et militaire.

Scène de la tapisserie de Bayeux représentant la bataille d’Hastings

La bataille d’Hastings — 14 octobre 1066

Peut-être l’une des dates les plus connues de l’histoire britannique où s’opposa Harold Godwinson, le dernier roi anglo-saxon d’Angleterre, au duc Guillaume de Normandie (William the Conqueror). L’invasion normande et la victoire de Guillaume/William firent plus que décider le nouveau roi d’Angleterre, elle mena à des changements fondamentaux dans la société anglaise.

La propriété foncière fut transformée, l’élite normande prenant à ce moment-là la place de la vieille aristocratie saxonne. Le langage en fut altéré à tout jamais avec l’ajout de mots français, tandis que bien des châteaux et cathédrales trouvent leurs origines dans cette période de conquête Normande. Enfin, cette bataille modifia la place de l’Angleterre en Europe. Elle était avant étroitement liée à la Scandinavie. Après Hastings, elle devint partie intégrante de l’Europe occidentale.

La bataille de Bouvines — 27 juillet 1214

La bataille de Bouvines est parfois appelée la bataille la plus importante de l’histoire d’Angleterre dont personne n’a entendu parler. Elle opposa les troupes royales françaises de Philippe Auguste, renforcées par quelques milices communales, à une coalition constituée de princes et seigneurs flamands, allemands et français renforcés de contingents anglais, menée par l’empereur du Saint-Empire Otton IV.

Le roi de France en ressortit vainqueur et Jean sans Terre (John Lackland), roi d’Angleterre, est forcé d’accorder la Grande Charte — Magna Carta — à ses barons pour sauver sa couronne. Ce traité de paix civile est perçu comme la première grande étape menant aux règles de légalité constitutionnelle dans les pays anglophones.

Avant la bataille Robert Bruce s’adresse à ses troupes (Edmund Bleigh, 1909).

La bataille de Bannockburn — 23 et 24 juin 1314

Nous sommes durant la première guerre d’indépendance écossaise et l’armée écossaise menée par Robert Bruce va mettre une raclée aux troupes anglaises dirigées par Édouard II d’Angleterre.

Bannockburn est alors devenu un symbole de la place de l’Écosse en Europe, signifiant leur droit d’exister. Cela conduisit au véritable développement du pays et de la société écossaise entre 1314 et 1707 qui n’auraient jamais pu se produire en se retrouvant sous l’égide anglaise.

Tableau de Philippe-Jacques de Loutherbourg (1804)

La bataille de Bosworth — 22 août 1485

Avant dernier affrontement de la guerre des Deux-Roses, guerre civile anglaise qui opposa les maisons de Lancastre et d’York durant la seconde moitié du XVe siècle. En jeu : le trône d’Angleterre et du Pays de Galles. Les opposants : Richard III contre Henry Tudor.

Cette bataille marque tout simplement la fin de la dynastie des Plantagenêt et la naissance des Tudor, qui furent au cœur d’une ère qui mit un terme à des décennies d’instabilité. À partir de là, la monarchie put finalement gagner en force et l’État prendre le dessus sur toutes autres factions et sur les luttes intestines de la noblesse.

Défaite de l’Invincible Armada par Philip James de Loutherbourg.

La bataille de Gravelines — 8 août 1588

L’Invincible Armada est le nom donné à la flotte d’invasion armée espagnole à destination de l’Angleterre menée par le catholique Philippe II d’Espagne. Il doit conquérir l’Angleterre de la protestante Elizabeth I qui ne cesse de menacer la souveraineté espagnole sur ses territoires des Pays-Bas.

Les Britanniques obtinrent victoire, conservant ainsi sa religion et son indépendance politique. Une défaite qui est due en grande partie au mauvais temps à une mauvaise organisation et une stratégie faillible du côté espagnol. Cette confrontation participa également à unifier une Angleterre qui était alors divisée — avec deux millions de sujets catholiques. Cela donna corps à un nouveau sens de la nation et poussa le pays à saisir de nouvelles opportunités économiques, jusqu’à la création de la Compagnie des Indes orientales en 1600 qui posa les bases de l’Empire britannique.

Cromwell à la bataille de Naseby par Charles Landseer.

La bataille de Naseby — 14 juin 1645

La bataille clé de la première révolution anglaise. Les Royalistes, sous les ordres du roi Charles I, se font battre par les Parlemantaires menés par Sir Thomas Fairfax et Oliver Cromwell. Cette bataille mettait un terme à des siècles de monarchie autocratique et entraina le pays vers la démocratie (avec quelques complications en cours de route, bien évidemment).

Guillaume III durant la bataille de Boyne

Bataille de la Boyne — 1er juillet 1690

Nous sommes au nord de Dublin. Roi Catholique, Jacques II (James II) a été déposé pour avoir cherché à restaurer la monarchie absolue. Guillaume III d’Orange-Nassau (William of Orange) est un néerlandais protestant qui prend donc sa suite et a été récemment sacré roi d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande. Les deux hommes sont liés par le sang et la famille et ils vont s’affronter pour le trône.

La victoire écrasante de William assura ainsi la place des protestants en Irlande pour des générations. Les catholiques furent alors soumis à des lois pénales leur retirant des droits politiques et ralentissant le redressement économique — des injustices qui n’ont pas été oubliées.

L’histoire n’est pas finie, mais cet article s’arrête présentement là pour coïncider avec la création de la Grande-Bretagne suite au traité du 1er mai 1707 marquant l’union entre l’Angleterre et l’Écosse sous le règne d’Anne.