Ring Out, Wild Bells (Sonne, cloche éperdue) d’Alfred Lord Tennyson

In Memoriam de Alfred Lord TennysonRing Out, Wild Bells est un poème d’Alfred Lord Tennyson publié en 1850, extrait d’In Memoriam, écrit en l’honneur de son meilleur ami Arthur Hallam, un jeune poète et un camarade à Trinity College fiancé à la sœur de Tennyson, et qui mourut tragiquement d’une hémorragie cérébrale à l’âge de 22 ans.

Sonne, cloche éperdue au vertige du ciel,
A la froide lumière, au nuage qui fuit;
Cette année agonise et mourra dans la nuit:
Sonne, cloche, et la livre au néant éternel.

Sonne pour elle un glas, sonne pour la nouvelle,
Sonne, cloche joyeuse, au-dessus du sol blanc :
Un an s’enfuit; suis-le de ton adieu tremblant;
Sonne le glas du faux, et que ta voix appelle

Le seul vrai. Sonne un glas pour le chagrin rongeur
Qui s’attache à ma vie à jamais désolée ;
Pour la guerre entre riche et pauvre; et, voix ailée,
Sonne l’avènement pour tous du Droit vainqueur.

Sonne un glas pour la fin de la mourante foi
Du parti qui prolonge une cause vieillie
Sonne pour accueillir une plus noble vie,
De plus humaines mœurs, une plus pure loi.

Un glas pour le besoin, les soucis, le péché,
La cruelle froideur de cet âge sceptique;
Sonne un glas, sonne pour mon vers mélancolique,
Et qu’un plus large chant par toi soit annoncé.

Sonne un glas pour l’orgueil des grandeurs ou du sang,
Pour la haine civique et pour la calomnie ;
Sonne pour célébrer la justice infinie,
Et, dans l’amour du bien, le monde renaissant.

Sonne un glas pour la mort de nos penchants mauvais ;
Sonne un glas pour la soif de l’or, mère de haine,
Pour la guerre pendant vingt siècles souveraine ;
Et sonne pour fêter vingt longs siècles de paix.

Sonne, et dis que voici l’homme à la libre foi,
Au cœur fier et plus large, à la main plus ouverte ;
Sonne et chasse la nuit dont la terre est couverte,
Sonne, annonce le Christ dont va régner la loi.

Ring out, wild bells, to the wild sky,
The flying cloud, the frosty light:
The year is dying in the night;
Ring out, wild bells, and let him die.

Ring out the old, ring in the new,
Ring, happy bells, across the snow:
The year is going, let him go;
Ring out the false, ring in the true.

Ring out the grief that saps the mind
For those that here we see no more;
Ring out the feud of rich and poor,
Ring in redress to all mankind.

Ring out a slowly dying cause,
And ancient forms of party strife;
Ring in the nobler modes of life,
With sweeter manners, purer laws.

Ring out the want, the care, the sin,
The faithless coldness of the times;
Ring out, ring out my mournful rhymes
But ring the fuller minstrel in.

Ring out false pride in place and blood,
The civic slander and the spite;
Ring in the love of truth and right,
Ring in the common love of good.

Ring out old shapes of foul disease;
Ring out the narrowing lust of gold;
Ring out the thousand wars of old,
Ring in the thousand years of peace.

Ring in the valiant man and free,
The larger heart, the kindlier hand;
Ring out the darkness of the land,
Ring in the Christ that is to be.