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George III en 5 faits, le roi du temps de Jane Austen

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Dernière mise à jour le 21 mars 2022.

Portrait de George III par Benjamin West 1783C’est le 25 octobre 1760 que George III (né George William Frederick) devint roi de Grande-Bretagne et d’Irlande jusqu’à l’union des deux pays le 1er janvier 1801. Il devint alors roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande. Il devint également roi de Hanovre à partir du 12 octobre 1814 et fut roi de Corse du 17 juin 1794 au 19 octobre 1796.

George III possède l’un des règnes les plus longs, ayant failli atteindre son jubilé de diamant qui célèbre le 60e anniversaire de règne — un cap qui fut atteint seulement par Victoria et Elizabeth II.

Son règne et sa vie furent marqués par une série de conflits. S’il monte sur le trône à l’issue de la guerre de Sept Ans qui place la Grande-Bretagne en puissance dominante en Amérique du Nord et en Inde, la suite sera marquée par un enchainement de guerres, avec la guerre d’indépendance des États-Unis et les guerres successives contre la France révolutionnaire et napoléonienne.

Surnommé George le fermier ou encore de roi fou George, et aussi étiqueté à tort de tyran par l’opinion américaine, le règne de George III fut pendant longtemps mal perçu, avant d’être réévalué par les historiens modernes avec plus de bienveillance, grâce à une mise en perspective des évènements et de sa maladie, soutenue par de nouvelles documentations à son sujet.

Nous revenons ainsi aujourd’hui sur le roi George III et son règne en 5 faits, le roi qui régnait du temps de Jane Austen :

Le troisième monarque hanovrien

Nommé en l’honneur de son arrière-grand-père George Ier, George III est né le 4 juin 1738 à Norfolk House, St James’s Square à Londres. Il était le second enfant et le premier fils du prince Frédéric de Galles et de la princesse Augusta de Saxe-Gotha-Altenbourg. Né deux mois avant terme, sa naissance provoque un vent de panique, car ses chances de survie sont moindres. George ne garda pas de séquelles de sa naissance prématurée et il grandit en bonne santé, loin de son grand-père, le roi George II, qui détestait Frédéric et ne s’intéressait pas à ses petits-enfants. George devint le prince héritier au trône britannique suite à la mort soudaine de son père d’une maladie pulmonaire en 1751.

Lorsque George III succède à son grand-père, George II, en 1760, il devint ainsi le troisième monarque hanovrien. Il est alors le premier monarque hanovrien à être né en Grande-Bretagne, mais aussi le premier à utiliser l’anglais comme première langue. Lors de son discours d’adhésion au Parlement, dans une tentative de se distancier de ses racines hanovriennes, George déclare : « Né et éduqué dans ce pays, je me glorifie au nom de la Grande-Bretagne.  »

Un mariage heureux

C’est en 1759 que George III s’éprend de Lady Sarah Lennox, la sœur de Charles Lennox, qui aurait pu devenir reine d’Angleterre si ce n’était pour le conseiller John Stuart, aussi appelé Lord Bute, qui déconseilla cette union. Devenu roi l’année suivante, la recherche d’une épouse s’intensifia et c’est, à la surprise de beaucoup, que George choisit la princesse Charlotte de Mecklembourg-Strelitz. Celle décrite par Charles Dickens comme « la reine au visage ordinaire » se révéla être un bon choix pour le roi. George III et princesse Charlotte se marièrent le jour même de leur rencontre. Contrairement à son grand-père ou même ses fils, George III n’eut jamais de maitresse et le couple eut un mariage dans l’ensemble heureux jusqu’à ce que la maladie mentale frappe le roi. Le couple eut 15 enfants (neuf fils et six filles) et tous sauf deux atteignirent l’âge adulte.

Le roi George III acheta Buckingham House à Sir Charles Sheffield en 1761 pour £28,000, avec pour but d’en faire une maison pour sa femme et leurs enfants. Cette résidence privée était connue sous le nom de ‘Maison de la Reine’. La résidence fut agrandie au cours des 75 années suivantes, transformant ce manoir en palais qui devint la résidence officielle de la monarchie britannique lors de l’accession au trône de la reine Victoria en 1837.

Uranus fut d’abord nommé Georgium Sidus, en l’honneur de George III

Musicien professionnel et astronome amateur, William Herschel construit des télescopes et découvre une nouvelle planète le 13 mars 1781, la première depuis l’Antiquité. Il décide alors de la nommer Georgium Sidus (« astre de George »), en hommage au roi George III d’Angleterre qui vient par ailleurs de le récompenser de sa découverte en lui attribuant une rente annuelle. Dès le départ, le nom est loin de faire l’unanimité et est peu populaire en dehors de l’Angleterre, mais il faudra attendre 1850 pour que la planète soit universellement reconnue sous le nom d’Uranus.

Reste que ce nom permet d’illustrer la place que la science pouvait occuper sous le règne de George III qui fut le premier roi à étudier les sciences dans le cadre de son éducation formelle. Il montra dans sa jeunesse un véritable intérêt pour la mécanique, l’optique, l’astronomie et les expériences scientifiques de toutes sortes.

La guerre d’Indépendance américaine et le mythe du tyran

La Déclaration d’indépendance américaine se chargea d’établir le mythe selon lequel George III était un tyran. Il est ainsi décrit comme « Un prince dont le caractère est ainsi marqué par les actions qui peuvent signaler un tyran est impropre à gouverner un peuple libre.  » La vérité est tout autre, George III étant loin d’être un tyran et se révélant être plutôt tout l’inverse. Ce dernier est conscient des limites de son pouvoir, n’a jamais mis son veto à une seule loi du Parlement, et n’a jamais mis en place une mesure laissant penser qu’il comptait installer une tyrannie sur le territoire américain. Au contraire, les 13 colonies jouissaient de beaucoup de libertés et la presse n’était aucunement censurée.

Si George a pu être tenu responsable de la guerre d’Indépendance américaine ou de la défaite de l’Angleterre, ce dernier ne peut pas vraiment en être tenu responsable, ayant agi comme un monarque restreint et ayant suivi les conseils de ses ministres et généraux.

La folie de George III et l’ère de la Régence

George III est souvent connu auprès des plus jeunes enfants anglais comme « le roi fou qui a perdu l’Amérique ». En effet, le roi est touché par une maladie, récurrente, puis permanente, au cours des dernières années de son règne. Des chercheurs ont émis l’hypothèse dans les années 60 que le roi aurait été atteint de porphyrie, et plus récemment, l’hypothèse a été émise qu’il aurait été atteint de troubles bipolaires. Dans tous les cas, la cause de sa maladie reste à ce jour inconnue. Ses symptômes incluaient de l’agitation, de l’insomnie, des difficultés à parler, des divagations, mais aussi de l’incontinence, des démangeaisons terribles et une urine bleue.

Cela donnait le jour à des périodes où le roi était tout simplement incapable de prendre des décisions pour son royaume. Bien qu’à l’apogée de sa popularité à la fin de l’année 1810, George III devint presque aveugle à cause de sa cataracte et souffrant de rhumatismes. Suit alors une ultime rechute qui conduit à la nomination au poste de Régent de son fils. Pendant les neuf dernières années de sa vie, George vécut en isolement au château de Windsor. Il mourut le 29 janvier 1820 et fut inhumé un mois plus tard à Windsor.